Je vais essayer de changer un peu la déco du blog, c'est terne et froid. Plus vraiment au goût du jour.
Comme je reprend l'écriture, celles qui veulent être prévenues, penser à me le faire savoir, sinon je vais laisser une note ici chaque fois qu'il y aura du nouveau, histoire de vous éviter d'aller voir à la fin du blog à chaque fois.
Si vous avez des questions, n'importe lesquelles, sur la fiction ou d'ordre privé vous avez le droit de les poser, je ne vous mangerais pas. Sur ce...Bonne rentrée à toute &bon anniversaire au grumeaux.
-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
_____Il neigeait. L'allée entourée de deux rangées d'arbres nus rayonnait. Le tapis de neige avait recouvert les pavés gris et froids et les rayons du soleil faisaient de ce simple chemin de traverse un passage au Paradis aussi lumineux que glaciaire. Il fait froid en Haut et chaud en Bas.
Le silence régnait, ici et partout aux alentours. Le jour se levait juste sur ce petit village du Nord de la Suisse. Les oiseaux, depuis longtemps avaient migrés vers le Sud, et comme à chaque levé du soleil depuis plusieurs semaines, ils ne chantèrent pas non plus ce matin là.
_____Il était dix-sept heures. Et personne n'avait daigné emprunter l'allée couverte de neige. Tout était calme. Jusqu'à ce qu'elle arrive.
Du bout du chemin, on ne la distinguait presque pas. Pourtant elle était là. Elle sembla hésiter une fraction de secondes avant de laisser ses Doc Marten's vernies noires s'enfoncer dans la neige, écoutant avec délice le crissement qui fit celle-ci au moment où ses chaussures glissèrent légèrement dans l'épais manteau blanc. Elle avança, comme dans un rêve. Elle était seule, elle était belle et bel et bien debout dans ce Monde qui crève.
_____Sa tenue contrastait avec l'aura du paysage qui l'entourait, pourtant elle paraissait dans son élément. Ses cheveux, coupé en un carré courts dégradé vers l'avant, étaient teints en un noir tirant sur le bleu. « Noir pétrole » avait-elle demandé à la coiffeuse. Une raie sur le côté laissait une large mèche aux couleurs rouge, rose, blanc et violet masquer largement la partie gauche de son visage. Son unique ½il visible, cerné à grands coups de crayon noir et d'eye liner ressortait de par sa couleur violette. « Le bonheur des lentilles » avait-elle répondu aux curieux. Des courbes manuscrites, comme dans les abbayes, des arabesques, retraçaient les contours de sa pommette et allaient se perdrent sur le haut de sa tempe. Une grosse chaîne ocre, rattachée par un cadenas en argent pendait à son coup. Le casque de son mp3 s'y superposait depuis peu. Elle l'avait enlevé en voyant la neige, préférant le bruit de la neige aux paroles du chanteur. Prise de vitesse, elle n'avait éteint l'appareil et la musique résonnait encore dans les écouteurs. Elle avait rabattue la capuche aux oreilles d'ourson de sa polaire blanche sur sa tête, tentant par la même occasion de rentrer ses mains au maximum à l'intérieur de ses manches, jurant que la prochaine fois, elle penserait à prendre des gants et une écharpe. En effet elle n'était que trop peu vêtue pour la saison. Sa jupe noire en Jean's et les collants opaques tous aussi sombres, ne lui apportaient aucune chaleur. Seule peut être l'unique chaussette montantes rayée noire et rouge, aurait pu lui en procurer.
La chaîne et la ceinture à clous en damier accompagnaient ses pas d'un tintement cristallin, presque inaudible.
Pour ce minuscule village où le maire aurait du partir à la retraite depuis longtemps et où la moyenne d'âge n'en était pas beaucoup plus basse, elle était un peu la bête de foire, l'attraction. Simplement parce qu'elle suivant son instinct, parce qu'elle paraissait différente. Parce qu'on la remarquait. Elle se détachait du lot. Les quelques jeunes du village l'avaient surnommée la C.E.N.G.P Pour cyber émo néo gotha punk, incapables de la décrire autrement. C'était triste, mais elle avait finit par s'y faire. Elle ne se retournait même plus lorsqu'elle entendait dans son dos murmurer « Hey regarde ! C'est elle ...la CENGP. »
_____Elle s'en foutait. Mais elle souriait. La neige recommença à tomber.
_____Et puis il y avait lui. Un jeune garçon, bloqué lui et ses trois amis, par la neige, forcé de s'arrêter dans ce trou perdu pour la nuit. Contraint de loger dans un minuscule hôtel. Mais l'enfermement avait eu raison de lui, et en cette fin d'après-midi, il fini par sortir de bout de son nez, laissant derrière lui ses trois amis sous leurs couvertures ou pianotant sur leur ordinateur.
Le voyage avait déjà été suffisamment épuisant. On lui barrait une nouvelle fois la route.
La chambre n'était que très peu chauffée, la gérante de l'hôtel, septuagénaire depuis de nombreuses années, avait d'ailleurs été surprise au plus au point de voir arriver des clients. Sept au total. Le plus « passe partout » d'entre eux se présenta comme responsable, deux autres adultes, si grands et baraqués que sa première pensée fut celle de se demander si la mafia ne débarquait pas. Venaient ensuite quatre jeunes garçons aux look différents, l'un semblait costaud, le second était un petit blond, quant aux deux autres ... « Des amis de la jeune CENPG » avait-elle pensé. L'un flottait dans des vêtements étrangement trop grands, l'autre ...il lui fallu du temps pour se convaincre qu'il était bel et bien un homme.
_____« S'ils savaient qui je suis... » Songea l'androgyne à l'instant où il s'engagea dans l'allée saupoudrée de sucre glace.
Marchant la tête baissée, ressassant ses idées noires, pestant contre lui-même et le monde entier, il ne remarqua pas immédiatement cette fille qui avançait dans le sens inverse de sa destination inconnue.
_____Pourtant, lorsqu'il entendit son rire, son sang ne fit qu'un tour et une lueur perdue se ralluma au fond de ses prunelles chocolat.
« Oh mein Gott. Quelqu'un qui ne semble pas encore avoir dépassé l'âge de la ménopause ! »
En effet, ce trou à rat aurait pu être composé à cent pour cent de vieilles peaux que cela ne l'aurait pas étonné. On aurait même pu croire que les habitant accordait la couleur de leurs cheveux avec celui du ciel. Gris. Blanc. Poivre et sel. « C'est une ville maison de retraite ici ou quoi ? » avait même élégamment fait remarquer son frère.
A cette pensé, il sourit. Puis reporta son attention sur la drôle de créature qui avançait vers lui. Elle ne l'avait toujours pas vu. Il put donc aisément l'observer. Détailler chaque parcelle de sa personne. Il fut surpris de se rendre compte qu'elle était peut être même plus jeune que lui, s'habillait d'un style bien marqué et observa son courage malgré cette « différence » de vivre ici.
Il repensa alors à sa propre vie. Quelques années plus tôt, il avait eu droit à toutes ces remarques qui devait aussi pleuvoir sur cette fille aujourd'hui. « Maintenant c'est terminé. On n'osera plus jamais se moquer de moi comme on l'a fait. »
Un sourire de satisfaction diabolique naquit sur ses lèvres.
Soudain, un éclair de lucidité lui remit les pieds sur Terre.
« Et si elle savait qui je suis ? »
Et toute l'adrénaline emmagasinée en lui à la vue de cette fille retomba. Mais il ne rebroussa pas chemin, au contraire, il avança la tête haute et d'un pas qui se voulait ferme.
« Non, elle ne sait sûrement pas... »